Syndicat CGT Hopital COCHIN

Poste 11167

70e anniversaire de la Libération de Paris : discours de Marise Dantin, Secrétaire Générale de la CGT Cochin

mardi 26 août 2014 par Bernard Giusti Secrétaire Général Adjoint

A l’occasion du 70e anniversaire de la Libération de Paris, nous rendons hommage à celles et à ceux qui ont libéré la Capitale, souvent au sacrifice de leur vie.

Aujourd’hui, alors que la démocratie est menacée en France, cette commémoration s’impose plus que jamais.

Les combattants de Paris, avec ou sans uniforme, sont tombés sur les barricades. Ils ont rejoint dans la mort des milliers de résistants et de déportés. La liberté, la paix et l’indépendance nationale ont animé leur combat, un combat courageux et responsable.
Nous ne devons pas l’oublier !

L’insurrection des Forces Françaises de l’Intérieur, ainsi que l’action des Forces Françaises Libres, ont contribué à libérer notre pays de la souffrance et de la domination du nazisme. Ces combattants ont joué un rôle décisif pour que les Français recouvrent pleinement leur souveraineté. La victoire des FFI, ce fut la victoire des masses populaires.
Ces femmes et ces hommes se sont battus aussi contre tous ces grands capitalistes qui se sont compromis dans la collaboration et dans la faillite nationale.
Cette libération fut décisive pour permettre les conquêtes sociales des années d’après-guerre, grâce à l’application du programme du Conseil National de la Résistance.
Les grands financiers ont cédé, mais ils n’ont jamais accepté les avancées sociales conquises par le peuple travailleur, et 70 ans plus tard, de manière extrêmement préoccupante, la Sécurité Sociale, les grands services publics, enfin tous les acquis de la Libération sont remis en cause dans leurs fondements mêmes.
Dans nos hôpitaux publics, et plus particulièrement à l’APHP, on assiste à des réformes qui n’ont que la finance comme objectif avec un soi-disant déficit à résorber. Cela éloigne de plus en plus la population la plus précaire de l’accès aux soins, lesquels, rappelons-le, étaient entièrement gratuits. Le partenariat public-privé, les mutualisations de services et les fermetures d’hôpitaux creusent encore plus le fossé pour cette population et engendrent des incidents pour lesquels on voudrait nous réduire au rôle de témoins impuissants.
Dans le même temps, la souveraineté nationale est de plus en plus confisquée au profit de structures supranationales qui appliquent des politiques antisociales.

Profilant de ce saccage et de ce sabotage, certains partis d’extrême droite en profitent et déploient des discours de haine et de xénophobie qui ne peuvent que nous rappeler ces périodes sombres des années 30 et 40.
L’histoire nous enseigne que cette coïncidence n’est pas fortuite.
L’histoire nous apprend aussi que les luttes de résistants ont réussi à démonter l’édifice du fascisme avec très peu de moyens.
Il y a 100 ans, des millions de soldats résignés partaient se faire tuer et se faire estropier dans la boue pour rien devant leur hiérarchie insensible. Cette époque a engendré, peu de temps après, le nazisme.
La libération en 1944 nous démontre que le racisme et l’intolérance portés par les extrêmes droites en 2014, ne sont pas invincibles.
L’histoire nous apprend qu’il faut passer du rôle de témoin impuissant à celui de citoyen militant.
Il faut qu’inlassablement nous la fassions connaître.