Syndicat CGT Hopital COCHIN

Poste 11167

COMPTE RENDU DE LA CMEL DU 25 OCTOBRE 2012

mardi 6 novembre 2012 par Bernard Giusti Secrétaire Général Adjoint, Cythia Le Bon, Marise Dantin Secrétaire Générale

La séance commence avec l’introduction du Pr CHAUSSADE concernant la loi DUFFLOT. Un certain nombre de terrains initialement prévus pour la construction de logements sociaux sont vendus par l’APHP à un prix dérisoire. Or le plan d’équipement de l’APHP est basé sur la vente des terrains…

[La « pression immobilière » en Île de France est énorme et attise bien des convoitises… La Loi Dufflot permet le rachat de terrains des administrations d’Etat pour 1 euro symbolique sous certaines conditions. Or ces conditions sont suffisamment « souples » pour permettre à des requins de profiter de la loi. Quoi qu’il en soit, dans le cadre de la disparition programmée de l’APHP, les technocrates libéraux, sous couvert « d’équilibre budgétaire », bradent depuis plusieurs années notre bien commun qu’est l’APHP en vendant le patrimoine immobilier à tours de bras. Il y a quelques années, souvenons-nous, la vente à très bas prix de l’hôpital Laënnec avait fait scandale… La Loi Dufflot va encore plus loin dans la braderie. Si aujourd’hui nos technocrates prennent des airs vertueux en refusant de vendre pour l’euro symbolique, ce n’est pas seulement pour des raisons financières, mais aussi parce que cela leur permet de critiquer le gouvernement Hollande. La CGT Cochin, qui refuse la vente du patrimoine ne s’y oppose pas pour les mêmes raisons : elle s’oppose à la dilapidation de ce qui appartient aux citoyens, aux travailleurs, et non pas aux technocrates qui en disposent comme si cela leur appartenait…]

 

Le Directeur dit qu’en 2013 il est prévu 388 millions d’euros d’investissement à l’APHP. En 2012 le montant était de 266 millions d’euros, il y a donc une augmentation de plus de 20 millions d’euros. Il faudra par conséquent « maintenir l’effort d’efficience et d’autofinancement afin d’avoir un moindre recours à l’emprunt ».

[ « efficience », « autofinancement », point n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre ce que cela signifie : augmentation d’activité et réduction de personnel…]

 

Le projet des urgences de l’HD est reporté avec un préfigurateur Mr FAGON qui doit donner son rapport en septembre 2013.

[Le sort des urgences de l’Hôtel Dieu prend des airs de clignotant belge : ça marche, ça marche pas, ça marche, ça marche pas, et ainsi de suite ! En réalité, la CGT Cochin l’a dit depuis un certain temps, maintenir des urgences sur un site que l’on a privé de son plateau technique (labos, radio, etc.) est une aberration médicale. Or d’ici fin 2013 il n’y aura plus de plateau technique à l’HD. Le « rapport Fagon » n’est rien d’autre qu’une carotte, un leurre pour cacher une décision déjà prise…]

 

Augmentation de 10 lits en gériatrie à Cochin fin novembre (vu en CTLE du groupe).

[Ceci est à mettre en relation avec ce qui est dit plus bas à propos des EPAD. ]

 

Transfert de l’Urologie (Albarran) sur PR1 avec perte d’offre de soins, 19 lits seulement sont transférés pour l’instant.

[La réduction de l’offre de soins, généralisée sur le groupe, se fait peu à peu à l’occasion des transferts et regroupements.]

 

Unité de recherche à l’HD : 21 chercheurs plus 2 à 3 stagiaires, rattachée au pôle de recherche de santé publique. Accueil du secteur de santé publique (URC) d’Henri Mondor à Cochin.

[Il s’agit de rendre plus « efficiente » la recherche, à savoir la rendre un peu plus dépendante des objectifs technocratiques. Ceci se fait au détriment de ce que devrait être réellement la recherche médicale, c’est-à-dire orientée non en fonction des logiques comptables mais uniquement en fonction de la santé. Ce qui implique que les résultats ne soient pas nécessairement immédiatement « rentables »… A l’heure actuelle, la recherche se fait de plus en plus en collaboration avec les laboratoires pharmaceutiques privés.]

 

Suppression des doublons comme dans le service d’orthopédie. 1 seul service qui comprendra la chirurgie, la traumatologie et la banque d’os.

[Parler de « supprimer des doublons » semble être le bon sens. Mais en réalité, cela signifie toujours de conserver ou d’accroître une activité avec moins de personnel…]

 

Pour l’ophtalmologie regroupement nécessaire (d’après eux) pour retour d’investissements, car les appareils coûtent très cher, de l’OPH de Lariboisière, de Necker adultes, de l’HD avec Cochin. De plus chaque hôpital apporte sa spécialité.

[Là encore, les regroupements et les mutualisations de services s’accompagnent de suppression de personnel, et plus ou moins selon les cas de la réduction d’offre de soins. En outre, de ci, de là, la privatisation rampante s’avance petit à petit… Au passage on note le dépeçage de Lariboisière qui s’annonce…]

 

Concernant la gériatrie beaucoup trop de lits en SLD à l’APHP ; il faut faire un effort de convergence entre SLD et EPAD ; pourtant il a été dit que les patients ne peuvent pas intégrer une EPAD faute de moyens…

[La gériatrie est surnommée « l’or gris » par les organismes privés qui s’en emparent. Notre ancienne directrice générale, Mme Van Lerberghe, s’y est reconvertie après son départ de l’APHP. La privatisation des longs séjours de gériatrie permet d’instaurer les EPAD, véritables pompes à fric au détriment des vieillards. Comme dans les maisons de retraite, les prix y sont très élevés et hors de portée de la plupart des retraités et de leurs familles. De plus les conditions d’hospitalisation sont trop souvent déplorables… Mais les groupes privés s’en mettent plein les poches. Pour la CGT Cochin, les « dérives » (bien organisées) des maisons de retraite et des EPAD sont un véritable scandale national. L’abandon par l’APHP des longs séjours de gériatrie aux EPAD accentue encore ce scandale en privant les citoyens âgés de la possibilité d’une prise en charge publique…

Rapportée à notre GH, on voit bien que Broca sera tôt ou tard transformé en EPAD.]

 

Toutes les propositions ont été votées à l’unanimité.

[Les quelques médecins qui s’opposaient aux « restructurations » (lire « destructions ») ne siègent plus à la CME locale. L’unanimité n’est donc pas étonnante…]

 

 

Compte rendu et commentaires de Marise Dantin & Bernard Giusti sur des notes prises par Cynthia Le Bon