CGT Cochin

LE PROJET DE LOI DE FINANCEMENT DE LA SECURITE SOCIALE (PLFSS) 2011

jeudi 4 novembre 2010 par Marise SG

OU COMMENT ACCENTUER LES INEGALITES DE SANTE POUR SATISFAIRE LES MARCHES FINANCIERS !

Le gouvernement vient de dévoiler ses objectifs pour le financement de la santé en 2011. Une nouvelle fois, il annonce un deficit record et un nouveau plan d’économies de 2,5 Milliards d’euros.

MAIS QUE RECOUVRENT CES CHIFFRES ?

Certes la dépense courante de santé (223 Milliards d’euros en 2009) est en augmentation de 4 % par rapport à 2008,ceci recouvre des évolutions trés différenciées, puisque les dépenses lièes aux personnes agées dépendantes augmentent de 15,1 % et les dépenses de préventions de 12,9 % (essentiellement liées à la sinistre affaire de la grippe H1N1). La consommation des soins (175 Milliards d’euros en 2009, soit 9,2 % du PIB) continue à croitre mais enregistre un ralentissement de croissance significatif. On ne peut s’empecher de la relier à cet autre chiffre : plus de 20 % des francais ont connu en 2009 une situation de renoncement aux soins . Il faut dire que, si le reste à charge des assurés est globalement stable, cette stabilité recouvre une trés grande disparité selon les revenus : 0,5 % des revenus les plus riches, 2 % des revenus des moins favorisés sont consacrés à leur santé.

Certes, le déficit annoncé de la Sécu se creuse encore : 23 Milliards d’euros, dont 13 pour la branche maladie. Mais ceci est à mettre en regard des 70 Milliards d’euros annuels d’exonérations de charges sociales d’entreprises ( voilà des niches fiscales bien protégees...) des pertes liées à l’augmentation du chomage, qui relativisent largement ce déficit

La thérapeutique est ancienne et classique : le taux de remboursement des médicaments passe de 35 à 30 %, le seuil de participation forfaitaire est relevé de 91 à 120 euros pour le paiement du ticket modérateur sur les soins couteux, les soins pris à 100% sont limités. Ce schéma permettant d’opérer un nouveau transfert de charges en direction des mutuelles, obligeant celles ci a une augmentation de leurs cotisations ( déja annoncée superieur à 8 % ), autorisant de fait une sélection des assurés, dans laquelle ne demandent qu’a s’engouffrer les assurances privées. Il faut mettre en regard l’effort tres reduit demandé aux entreprises ( cotisations accidents du travail/maladies proffessionnelles relevées de 0.1 point, taxation de l’interressement).

Comme pour les retraites, deux logiques, là encore, s’opposent : augmentation équitable des cotisations, suppression des defauts de recouvrement, taxation des revenus du capital ; avec le risque, largement souligné, d’accentuer le report où le renoncement aux soins, dont nous contastons déja les effets dans nos services (à commencer par l’engorgement des services Urgences).

Sans vergogne, le gouvernement admet poursuivre avec ce PLFSS 2011 un unique objectif : reduire le déficit public pour satisfaire les marchés financiers et les agences de notations ; un pur plan d’économies, que l’on ne prend meme pas la peine d’envelopper de préoccupations de santé publique, ni d’améliorations de l’organisation du système de soins.

D’autres logiques existent, et la CGT a des propositions concrètes dans ce sens ; mais dès maintenant, il devient de notre responsabilité au nom de la justice sociale, de l’égalité d’accés aux soins, du maintien d’une protection sociale solidaire, de s’opposer par tous les moyens à cette destruction . 

Cette reforme est en ce moment débattue à l’Assemblée Nationale et, sera votée d’ici la fin du mois.

 Peu ou pas de médias en parlent, pourtant c’est la perte de notre plus grand acquis : La gratuité des soins pour tous 


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