Syndicat CGT Hopital COCHIN

Poste 11167

Le travail en 12 heures à l’hôpital

vendredi 27 décembre 2013 par Bernard Giusti Secrétaire Général Adjoint

Le travail en 12 heures à l’hôpital monopolise le débat

26/12/13 - 16h36 - HOSPIMEDIA |

[...] Ah, ces 12 heures ! Un sujet hautement explosif, qui n’en finit pas de fairer débat et suscite un taux de lecture exponentiel. Véritable thème d’actualité sur le terrain hospitalier, le travail en demi-journée chamboule les lignes de failles entre des syndicats affaiblis, des anciens déconnectés des plus jeunes, des hospitaliers distancés de "leur" hôpital, des directeurs aux portes de l’illégalité... [...]


Le travail en 12h à l’hôpital a de nombreuses conséquences.


Par exemple, pour les IDE le travail en 2 équipes de 12h au sein d’un service pose la question des transmissions, qui sont partie intégrante de leur travail. En effet, soit l’IDE arrive plus tôt pour s’informer de l’état des patients du service, soit il part plus tard pour en informer le collègue qui le remplace. Or la législation du Code du Travail est claire : en aucun cas on ne peut travailler plus de 12h (tout compris : temps de vestiaire, pauses, etc.). Le dépassement de 12h de travail constitue, selon les dires mêmes de l’Inspection du Travail, "une infraction grave au Code du Travail et un travail dissimulé". Travail dissimulé puisqu’en aucun cas un employeur ne peut payer plus de 12h de travail par jour, sauf à se mettre en infraction. Néanmoins cela ne semble pas gêner nos administrations hospitalières qui ignorent superbement le problème, ou bidouillent pour dissimuler le travail illégal effectué par le personnel.

Une autre conséquence du travail en 12h est que la "durée de vie" moyenne d’un soignant dans un service en 12h, en maternité par exemple, est de 3 à 4 ans. La plupart des personnels demandent leur changement de service au-delà de cette période. Beaucoup de jeunes IDE et AS notamment demandent les 12h au début, pensant qu’ainsi ils auront des temps de repos plus longs et viendront moins souvent à l’hôpital. En réalité l’expérience montre que la très grande majorité s’aperçoit très rapidement que sur 3 jours de repos consécutifs, par exemple, la première journée est "perdue" tant ils sont épuisés par le travail. Les 12h dans des services de plus en plus lourds faute de personnels suffisant sont effectivement épuisantes.

Inutile de dire que dans ces conditions, la vigilance des soignants est mise à mal. Plus les heures passent et plus la vigilance s’étiole.

D’autres problèmes sont engendrés par ces 12h dans les hôpitaux. Mais les directions tentent de les imposer de plus en plus afin de faire tourner les services avec le moins de personnel possible. Economie libérale oblige...

Bernard Giusti