Syndicat CGT Hopital COCHIN

Poste 11167

Paris : c’est fini le goûter des bébés à la crèche de l’hôpital Cochin.

jeudi 26 avril 2018 par Bernard Giusti Secrétaire Général Adjoint, Nicolas Rembert

Île-de-France & Oise Paris

Céline Carez 26 avril 2018, 15h06


Paris, mercredi. Lionel (personnel soignant) emmène son fils Henael, 5 mois, à la crèche de l’hôpital Cochin (XIVe). LP/C.C.


Depuis quelques jours, l’AP-HP (Assistance publique hôpitaux de Paris) a décidé de supprimer le goûter des petits du personnel accueillis à la crèche de l’hôpital Cochin (XIVe), provoquant une bronca.

Le petit gâteau du matin, la compote, le jus de fruit, c’est ter-min-né ! A la crèche de l’hôpital Cochin (XIVe), les bébés sont à la diète ! Ou presque…

Depuis dix jours, les « plus grands », ceux qui ne sont plus au biberon mais sont passés aux solides, sont privés du traditionnel goûter du matin ! « C’est scandaleux, s’indigne Lionel, père d’un petit Henael, 5 mois, travaillant à l’hôpital. Certains bébés, à cause de nos horaires, ont des journées à rallonge, avec des arrivées à 6 h 30 du matin. D’autres ne quittent la crèche qu’à 21 heures ! ».

Effectivement… A l’entrée de cette crèche de l’AP-HP (Assistance publique hôpitaux de Paris), qui accueille 80 enfants de 3 mois à 3 ans, ouverte de 6 h 30 à 21 h 30, dans l’enceinte de l’hôpital Cochin, rue Saint-Jacques (XIVe), une affichette au mur, signée de la médecin pédiatre de la crèche, prévient que : « Conformément au règlement et au plan nutritionnel santé (PNS), la collation du matin ne sera plus proposée aux enfants. ». Et pour le repas du soir, « un dîner ne sera servi qu’aux enfants qui partent après 20 heures ! ».

« Leur référence PNS, c’est bidon !, s’agace Bernard Giusti, secrétaire général adjoint de la CGT de l’hôpital Cochin - syndicat qui s’est fendu d’un tract. Nous, on l’a épluché leur PNS ! Nous n’avons vu nulle part quoi que ce soit qui concerne les nourrissons et incite à les priver de nourriture. Toutes les données concernent uniquement les sujets à partir de 3 ans ! »
A l’AP-HP, on se défend : « il ne s’agit en aucun cas d’une mesure prise pour des impératifs économiques ». Cette collation est « un encas composé essentiellement de produits sucrés », ce qui présente « un risque d’obésité ». Enfin, il y aurait « beaucoup de gaspillage » et certains parents en profiteraient pour « ne plus proposer de petit-déjeuner à leur enfant le matin pensant que la collation était suffisante ».

Maryse Dantin, la secrétaire CGT de Cochin, s’étrangle : « L’AP-HP va nous faire croire que ces parents, qui par définition travaillent à l’hôpital par altruisme, sont maltraitants avec leur enfant ? Qu’ils lèvent leur bambin à 5 heures du matin car beaucoup habitent loin en banlieue et partent travailler avec leur gamin le ventre vide ?


(article publié ce jour sur le site du Parisien Libéré, à paraître dans le journal demain)
http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-c-est-fini-le-gouter-des-bebes-a-la-creche-de-l-hopital-cochin-26-04-2018-7685001.php