Syndicat CGT Hopital COCHIN

Poste 11167

Réunion SAU /Direction du 17/10/2018 : un personnel en souffrance

jeudi 18 octobre 2018 par Aglawen Vega


Confrontés à de multiples problèmes au sein de leur service, les agents du SAU ont sollicité la CGT Cochin afin d’organiser rapidement une réunion avec la Direction ;

Lors d’une CME de janvier 2015 le seuil de dangerosité avait été fixé à 110 passages par jour par le chef de service lui-même ; en 2016, on était passé à 136 passages/jour, avec une prévision de 140 passages par jour en 2017. Aujourd’hui, l’activité des urgences est en constante augmentation depuis des mois, frôlant voire dépassant régulièrement les 200 passages par jour, tout cela au sein d’un service en plein travaux. 

Les agents ont d’abord souligné le sous-effectif criant et récurrent avec des répercussions graves sur leurs conditions de travail : en effet, certains agents se retrouvent sans roulement défini pour combler les manques, les cadres leur imposent des changements sur leur planning sans concertation ou bien leur posent leurs JS ou RT sans leur accord ; des infirmiers de jour sont sollicités pour combler des manques la nuit, dépouillant les équipes de jour qui se retrouvent avec une surcharge de travail difficilement soutenable ; lorsqu’un agent ose demander un jour , qui lui est dû, on lui demande de s’arranger avec ses collègues ou bien de donner un justificatif , en totale illégalité.

Visiblement, cette charge de travail n’est pas suffisante pour la hiérarchie : elle a organisé avec ses homologues d’orthopédie un véritable transfert de tâches sur le dos des soignants du SAU ; dorénavant, tous les jours, plusieurs patients relevant d’orthopédie sont hébergés au SAU, sur des brancards le plus souvent, faute de place. Les soignants qui ont déjà toutes les toilettes des patients âgés et dépendants sont ainsi contraints d’effectuer les préparations de blocs sous des prétextes fallacieux (tous les patients passent en 1ère position, ils sont programmés des 7h, etc.) ; blocs par ailleurs régulièrement annulés après plusieurs heures d’attente ; tout cela additionné au travail déjà épuisant des aides-soignants (dont le brancardage constitue une grande part de leur activité). Les soignants, venus nombreux témoigner de leurs conditions de travail se sont élevés contre cette surcharge de travail imposée et la perte de sens de leur travail au SAU. En réalité, le SAU doit en effet assumer une aile d’hospitalisation d’orthopédie !

Les soignants ont également tenu à exprimer leur épuisement face à des expérimentations d’organisations aberrantes : on teste de nouvelles organisations tous les mois sans concertation avec les soignants, on multiplie les aller-retour entre les étages, les prescriptions s’enchaînent et s’accumulent pour un même soignant, on installe des postes de travail dans des pièces sans air, sans fenêtre , où les agents sont au bord du malaise du fait d’une chaleur étouffante, etc. Sous prétexte d’une organisation provisoire, on installe des postes de travail inadaptés avec des portes qu’on ne peut pas fermer, rompant la confidentialité des échanges avec les patients ; l’agent se retrouve littéralement coincé entre le bureau et le mur, compromettant ainsi sa sécurité à l’IAO, poste ô combien sensible face à des patients agités, alcoolisés etc. Dans ces conditions, le sentiment d’insécurité et la peur de la faute sont permanents.

Tous ces facteurs concourent à une augmentation exponentielle des risques psycho-sociaux.

La Direction invoquant des problèmes de recrutement pour expliquer les sous-effectifs, un agent a évoqué comme raison éventuelle la façon dont étaient menés les entretiens, notamment la durée (jusqu’à 9h !) et les propos diffamants tenus par l’encadrement envers l’équipe en place au SAU. C’est alors que nous avons assisté à une scène édifiante : en effet, le faisant fonction de cadre supérieur s’est permis de menacer verbalement cet agent et de le répéter devant la Direction !

La CGT Cochin a clairement signifié à la Direction que cette situation insupportable ne pouvait perdurer. La CGT Cochin a insisté pour que d’une part les pratiques illégales de l’encadrement cessent immédiatement, et que d’autre part la Direction trouve très rapidement des solutions pour régler le problème de la mauvaise gestion de l’encadrement et pour que les conditions de travail redeviennent acceptables.
Faute de quoi, la CGT Cochin sera aux côtés du personnel du SAU pour mener les actions nécessaires…